Vertnelmont n°13 – Décembre 2011

DEXIA and Co…, DEXIA et notre maieur !

Nous sommes habitués à voir de nombreuses photos de notre maïeur dans le bulletin communal, mais ce samedi 15 octobre 2011, quelle surprise de le retrouver en première page du carnet Economie du journal Le Soir ! Il s’agit d’un quotidien national tout de même ! En fait, notre bourgmestre figure, depuis de nombreuses années, parmi les administrateurs du Holding Communal.

Vous avez sans doute entendu parler de cette société, premier actionnaire de DEXIA, qui gère les participations des communes et qui va être mise en liquidation, ce qui entraînera l’anéantissement d’une partie du patrimoine des communes. Et de DEXIA, vous en avez aussi entendu parler ? Inévitablement !

Le groupe bancaire multinational au bord du gouffre suite à une gestion catastrophique et que les Etats – c’est-à-dire nous – doivent aujourd’hui soutenir pour tenter de limiter les dégâts. Des années de gestion hasardeuse, une course effrénée aux bénéfices, une prise de risques inconsidérée. Et notre Holding Communal n’a rien vu venir… Pourquoi ? Problèmes de compétences, manque de vision des administrateurs, confusion d’intérêts ? Nous nous posons la question. Pourtant, DEXIA a rapporté pendant des années de plantureux dividendes au Holding Communal et, au-delà, aux communes et … personne ne s’en plaignait. Mais qui peut ignorer que «les arbres ne montent pas au ciel» ? Qu’une croissance continue du bénéfice ne peut se faire qu’en prenant des risques de plus en plus importants et en créant une bulle spéculative qui finit, un jour, par éclater ? DEXIA n’est certes pas la seule banque dans cette situation mais l’actionnariat public rend moins excusables encore les dérives constatées, car c’est la population qui en subira les conséquences.

Après un tel échec, ECOLO continue de plaider pour que les réformes nécessaires du secteur de la finance puissent enfin être mises en place. Cela passe notamment par la séparation des activités de dépôt et d’investissement des banques, par une meilleure régulation du système bancaire au niveau international et par une meilleure gouvernance interne des banques, en particulier lorsque l’Etat en est actionnaire.

Cet événement doit permettre de déclencher une prise de conscience dans notre commune. N’est-il pas temps, après avoir été client de « banques casino », de se tourner vers des banques plus éthiques pour financer les projets communaux, des banques non spéculatives, comme Triodos ? Nous pensons qu’un bon gestionnaire doit limiter au maximum les risques de voir s’évaporer ses économies. Les finances des communes, l’argent des contribuables, méritent qu’on les traite avec une prudence et un discernement tout particuliers.

Comme il faudra avant tout assumer les erreurs du passé, nous nous inquiétons aujourd’hui de connaître les impacts précis sur nos finances communales de la liquidation du Holding Communal.

Nous avons donc envoyé une lettre au collège, en respectant les modalités de l’interpellation citoyenne, afin de demander l’inscription de ce point à un prochain conseil communal. Les citoyens ont le droit de savoir si les autorités communales ont pris des risques avec l’argent public et quelles conséquences ils subiront en tant qu’utilisateurs de services communaux et en tant que de contribuables.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des suites de l’interpellation. Avec son foisonnement de projets, on imagine mal la commune forcée de réduire ses moyens …

« Ce n’est pas la mission des villes et des communes d’investir de l’argent public dans une banque commerciale. » D. Termont, bourgmestre de Gent/Gand

Amay (Bourgmestre Ecolo), Ottignies-Louvain-la-Neuve (Bourgmestre Ecolo) et quelques autres communes ont refusé d’injecter plus d’argent dans le Holding communal pour le refinancement de Dexia.

Pour Jean-Michel Javaux, «l’achat de nouvelles actions présentait un risque financier important pour Amay».

Dommage qu’on ne se soit pas posé la question à Fernelmont …

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